Qu’est ce qui est en train de se casser actuellement ? Le sentiment que l’équilibre des territoires est gravement remis en question. Sous la Vème République, il fut longtemps question de « Paris et du désert Français« . Des décennies ont été nécessaires pour modifier cette donne de base. Il fut alors question de renforcer des grandes villes d’équilibre avec un tissu performant sur le plan économique mais aussi avec des services publics dont ceux de l’enseignement qui permettent de fixer une population. Dans le même temps, une précaution a été prise visant à respecter le tissu des villes moyennes et petites. Dès 1975, les initiatives dites des contrats de pays passés entre l’Etat et des villes d’équilibre de territoires ruraux étaient lancées.

Le mot clef était celui d’équilibre. L’équilibre qui devait progressivement assurer une certaine équité territoriale.

Cette équité ne signifiait ni l’uniformité ni un égalitarisme.

Mais l’assurance que l’écart des inégalités ne serait pas important au point d’être insupportable et de condamner des territoires.

C’est sur cette rupture d’équilibre que naissent les actuelles inquiétudes. Les régions gagnent en dimension, donc en risque d’éloignement. Les départements sont menacés. Or les départements étaient historiquement une sorte de mutuelle financière vouée à garantir un « filet de sécurité » pour que des inégalités territoriales excessives ne voient pas le jour.

Cette perspective de rupture d’équilibre inquiète d’autant plus que des professions accompagnent cette évolution. C’est le cas par exemple des médecins généralistes, de commerces de proximité … qui semblent condamnés à quitter des zones rurales.

Des zones rurales qui savent que la notion de service public n’est pas liée au statut de celui ou de celle qui exerce une activité mais de sa capacité à répondre à une activité d’utilité générale.

Dans ces conditions, si de surcroît des dotations d’Etat diminuent de façon radicale, que restera-t-il demain dans certaines zones rurales ?

Sogedo est une entreprise de proximité, très présente dans les zones rurales.

Cette expérience du terrain nous sensibilise tout particulièrement à cette inquiétude nouvelle exposée, avec la meilleure bonne foi, par des élus qui sont, dans les zones rurales, des exemples de dévouement avec une grande abnégation.

Lors du récent Congrès des Maires, cette inquiétude a été exprimée avec force. Elle mérite une grande considération. Au moment où les budgets pour 2015 sont en cours de finalisation et d’adoption, il est à souhaiter que cette inquiétude soit entendue. Qu’elle ait des réponses concrètes, rapides. Ce n’est pas parce que cette inquiétude ne fait pas les « unes médiatiques » récurrentes qu’elle doit être sous-estimée.