À partir de données satellites mesurant la température à la surface des océans, la revue Nature a publié mercredi une étude qui constate un doublement entre 1982 et 2016 du nombre de jours où la mer était plus chaude que la normale. Ce n’est pas la première fois que les scientifiques constatent que ces vagues de chaleur marine, qui peuvent être liées à la variabilité naturelle du climat, sont plus fréquentes et plus longues ces dernières décennies. Utilisant des modèles climatiques, les chercheurs estiment que ces canicules marines, «essentiellement provoquées par le réchauffement à long terme des océans», seront encore plus fréquentes, plus intenses et plus étendues, et que cette tendance s’accélérera avec l’augmentation de la température de la planète. Le nombre de jours où se produiront des températures anormalement chaudes dans les océans passe de 33 aujourd’hui à 84 si la planète se réchauffe de 2°C et 150 à 3,5°C. Si les effets des canicules terrestres sont connus, les réponses possibles des écosystèmes marins aux changements de températures le sont beaucoup moins et leur capacité de résistance et d’adaptation sont ainsi difficiles à prévoir. Mais les chercheurs craignent malgré tout des conséquences dramatiques pour la vie marine et les hommes qui en dépendent. D’autres recherches sur des événements récents ont aussi montré que des vagues de chaleur marines ont entraîné des floraisons d’algues toxiques ou une mortalité importante d’espèces de poissons destinés à l’alimentation. Un phénomène complexe qui va mériter une attention croissante.