Ce matin, Esther Duflo était l’invitée d’Europe 1. Cette économiste talentueuse a remis à niveau certaines données à l’écart des démagogies ambiantes trop fréquentes. Elle a surtout indiqué avec justesse que le danger dans la période présente était de s’en remettre à 3 i : idéologie, ignorance, inertie.

Cette appréciation vaut particulièrement pour l’environnement.

Esther Duflo a un parcours atypique.  Cette économiste est professeur au MIT où elle détient une chaire sur l’économie du développement.

Le magazine américain Time la place sur sa liste des 100 personnes les plus influentes au monde.

Fin 2012, elle a été nommée au sein du President’s Global Development Council, un organisme américain chargé de conseiller le Président des États-Unis Barack Obama sur les questions de développement.

Toutes ses interventions ont été marquées par la volonté de se libérer des 3 i.

L’idéologie fait naître des approches réductrices. Si une idéologie avait remporté la palme des résultats, elle serait connue.

L’ignorance fausse les diagnostics donc la lucidité pour bien décider, donc la qualité même de la décision.

Quant à l’inertie, c’est l’acceptation du décalage dans un mode qui est en perpétuel mouvement. L’immobilisme est fautif parce qu’il est inadapté à un monde qui bouge tout le temps de façon accélérée.

Ces 3 i frappent encore trop souvent en matière d’environnement. L’idéologie peut conduire à choisir un régime juridique plutôt qu’un autre alors même que l’essentiel n’est pas un régime juridique mais la qualité du service rendu.

L’ignorance peut conduire à mal sélectionner des priorités. Nous y reviendrons dans de prochains articles : les pollutions diffuses, les étiages sévères, l’érosion des équipements …  autant d’enjeux peu spectaculaires sur le plan médiatique mais qui conditionnent une réelle efficacité.

Quant à l’inertie, c’est ce qui fera que les décisions remises à demain seront encore plus dures à rendre.

L’éclairage de cette invitée a été particulièrement judicieux dont la restauration du sens des nuances.

Dans une année 2015 où l’actualité du climat sera à la une, il est à souhaiter que cette mentalité réaliste soit consensuelle.