La vigne française devrait produire de nouveau normalement en 2018, soit entre 21% et 25% de plus qu’en 2017, année catastrophique marquée par des gels successifs. Mais les viticulteurs s’inquiètent de plus en plus des effets du réchauffement climatique sur leur activité. Selon le ministère de l’Agriculture, la production de vin en France devrait progresser de 25% par rapport à l’an passé, à 46,1 millions d’hectolitres. Les professionnels, un peu plus prudents, fixent à 21% seulement la hausse prévue, à 44,5 millions d’hectolitres. Ces volumes signent un retour à la normale de la production française après le plancher historique de 36,8 millions de litres atteint en 2017, «le plus bas niveau de l’après-guerre». Selon les chiffres du ministère, Languedoc-Roussillon, Corse et Sud-Est seraient les seuls bassins où la production sera en baisse par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. En Champagne, épargnée par le mildiou comme la Bourgogne et l’Alsace, de nouveaux records devraient en revanche être touchés cette année, grâce à l’exceptionnelle chaleur estivale : 3,5 millions d’hectolitres sont attendus par la profession, contre 2,2 millions l’an passé, soit un bond de 56% sur 2017 et 39% par rapport aux cinq dernières années. La canicule qui a touché la France durant l’été, a ralenti la progression du mildiou et entraîné des vendanges particulièrement précoces dans tous ces vignobles du nord-est, Bourgogne, Beaujolais, Alsace et Champagne. Une évolution qui ne peut que satisfaire compte tenu du poids de ce secteur pour l’économie française.