Jusqu’au 17 avril se déroule le 7 ème Forum mondial de l’eau. De telles rencontres internationales sont toujours utiles. En réalité, l’eau n’a pas tant besoin d’une nouvelle gouvernance dans son domaine que d’une nouvelle gouvernance qui dépasse largement son seul domaine.

En effet, face aux actuels arbitrages à rendre face aux défis de l’eau et bien au-delà, il y a actuellement quatre situations qui méritent une attention particulière.

Première attitude : le subjectivement possible prévaut sur l’objectivement certain.

L’opinion avance à coups de premières impressions générales souvent déconnectées des réalités. Un exemple dans notre métier : les tableaux comparatifs des prix du m3 d’eau. Tous les prix qui seraient supérieurs aux prix les plus bas seraient «abusifs». C’est ignorer combien la nature peut être inégale, combien les historiques des équipements peuvent être différents, combien les investissements incontournables peuvent varier d’une géographie à l’autre. La sagesse populaire disait souvent que le «diable serait dans les détails». En la matière, le diable est aussi, voire surtout, dans le fait qu’à trop gommer les détails, donc des réalités, les chiffres en question ne peuvent plus être sérieusement comparés.

 

Conférence Internationale bis

 

Seconde attitude : tout se vaut. La grille de lecture du consommateur, qui se résume souvent à sa facture, équilibre celle du gestionnaire qui, lui, doit compter avec d’autres données que le seul tarif. Respecter chaque composante d’une action dans le temps, c’est aussi respecter une hiérarchie des actions à conduire, parfois un ordre technique cohérent …

 

Troisième attitude : la dictature du court terme. La gamme des prestations des entreprises, voire même des collectivités publiques, pourrait se réduire à une sorte d’immense unité de stockage où tout devrait être disponible immédiatement. La composante du calendrier avec des étapes successives dans le temps tend à disparaître.

Il faut tout, tout de suite. Chercher à expliquer que le respect du temps fait partie des données techniques incontournables est presque devenu un défi abandonné.

 

Quatrième attitude : le refus des constats qui fâchent. Il vaudrait mieux ne pas voir ce qui peut contrarier. Toute structure, publique comme privée, est en permanence en course contre elle-même et contre les autres.

Sa course contre elle-même a un nom : la productivité.

Sa course contre les autres a un nom : la performance. Dès qu’une structure ignore cette réalité, elle se disqualifie à terme. Malheureusement, cette réalité a été très oubliée ces dernières décennies.

Ces quatre attitudes ont pris une place disproportionnée ces dernières décennies et l’eau comme tant d’autres domaines a été très exposée aux effets de ces attitudes.