Cette semaine, nous avons évoqué le sujet de l’enfouissement des déchets en mer. Sur un autre domaine naturel qui devrait être a priori particulièrement protégé, la même semaine a apporté un exemple analogue à celui de l’enfouissement avec la confirmation que la haute montagne peut être, elle aussi, une poubelle à ciel ouvert. L’Everest est en train de devenir « la plus haute poubelle du monde ». Une association vient d’annoncer y avoir collecté plus de 5 tonnes de déchets et il en resterait manifestement au moins autant. Avec cette expédition, l’ONG souhaitait tirer la sonnette d’alarme sur la quasi-absence de gestion des déchets sur les hauts sommets du Népal et plus largement dans tout ce pays de près de 30 millions d’habitants qui n’a aucune installation de traitement des ordures. Les expéditions sont censées rapporter 8 kg de déchets par personne et une petite partie des permis d’ascension doit financer le nettoyage du camp de base, mais les contrôles sont défaillants. Les deux tiers des déchets collectés l’ont été au camp de base, à plus de 5300 mètres, où, au plus fort de la saison d’ascension en mai, environ 2000 alpinistes et sherpas cohabitent. Les membres de l’expédition de Montagne et Partage, quatre Français et une quinzaine de Népalais, ont passé 38 jours sur les pentes de l’Everest pour collecter un maximum de déchets, qui ont ensuite été descendus à dos de yaks. Ceux qui étaient recyclables, surtout le métal (bonbonnes de gaz, canettes, conserves, échelles métalliques), ont été acheminés jusqu’à Katmandou par hélicoptère et par camion. Les autres déchets (cordes, plastiques, toiles de tente, papiers, etc.) ont été déposés au village de Namche Bazar, où il y a un incinérateur. «Malheureusement, il ne marche pas depuis le séisme de 2015 et les déchets finissent par être brûlés à l’air libre», a expliqué le responsable associatif. Cet exemple montre que, même dans un endroit fréquenté par des passionnés de l’environnement, le respect de l’environnement mérite des efforts civiques considérables. C’est un travail de pédagogie de longue haleine. C’est la raison pour laquelle Sogedo participe à toutes les initiatives de nature à sensibiliser les prochaines générations à ce respect de la nature qui doit devenir un réflexe prioritaire quotidien.