Dimanche, un navire qui transportait 136 000 tonnes d’hydrocarbures a sombré en mer de Chine. Une nappe de 10 km sur 7 flottait à la surface à l’endroit du naufrage. L’accident constitue «le plus gros rejet de condensats dans la nature de toute l’histoire du pétrole», commentent les spécialistes des marées noires. Même si seul un cinquième de la cargaison s’était retrouvé dans la mer, cela représenterait l’équivalent de la marée noire de l’Exxon Valdez, qui a dévasté les côtes de l’Alaska en 1989. À la différence près que l’Exxon Valdez transportait du pétrole brut, pas des condensats. Difficile donc de prédire l’impact d’une telle quantité de condensats sur l’environnement marin, d’après les spécialistes, pour qui le «record» jusqu’à présent ne dépassait pas 1000 tonnes. Les condensats sont des hydrocarbures qui existent à l’état gazeux quand ils se trouvent au fond d’un gisement, mais se condensent lorsqu’ils sont refroidis. Les condensats empoisonnent la faune sous-marine. À la différence du brut, les condensats, une fois rejetés en mer, ne forment pas une nappe en surface, mais plutôt un nuage toxique qui flotte entre deux eaux. Cétacés, poissons, oiseaux et plancton qui entrent en contact avec cette pollution peuvent soit mourir à brève échéance soit contracter des maladies, des infirmités ou encore devenir stériles. Une catastrophe potentielle qui montre, si besoin était, l’impératif de l’action internationale.