A Genève s’ouvre une semaine de négociations sur le réchauffement climatique. Les pressions les plus fortes pèsent sur les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. Pour ce qui concerne les Etats-Unis, la situation est particulièrement paradoxale. Probablement depuis longtemps à ce point, les Etats-Unis sont appelés à actionner un leadership international sur des sujets planétaires majeurs que sont le climat, la relance économique, le terrorisme, l’Ukraine … Mais ce calendrier international ne correspond pas avec le calendrier des Etats-Unis.

Le calendrier des Etats-Unis est marqué par 5 facteurs majeurs :

1) Le Président est entré dans la seconde moitié de son second mandat donc par définition son dernier mandat présidentiel. Classiquement, c’est une période où le Président sortant « prend du recul » face aux urgences.

2) En l’espèce, cette période déjà « particulière » s’accompagne d’un fait politique majeur : depuis novembre 2014, date des élections dites intermédiaires, le Congrès est passé sous majorité Républicaine donc une majorité opposée à la sensibilité du Président (démocrate).

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3) Au sein de cette majorité Républicaine, la « nouvelle génération » est particulièrement hostile à la politique présidentielle. De 2012 à 2014, les blocages entre Démocrates et Républicains ont déjà été nombreux. Et pourtant, cette « nouvelle génération » a fait opposition pour la fonction de Speaker au candidat républicain sortant considéré comme trop …modéré.

4) La primaire pour 2016 va s’engager très prochainement. L’an prochain, à la même époque, les premiers votes interviendront (Iowa, New Hampshire). A partir du moment où la campagne pour les primaires est engagée, elle mobilise toute l’attention de l’opinion et des responsables politiques engagés dans cette compétition.

5) Pour 2016, la campagne pour les primaires va connaître une probable forte multiplication des candidats chez les Républicains. A ce jour, le chiffre de 17 prétendants est sérieusement avancé avant les premières éliminations. Or, dès qu’il y a de nombreux compétiteurs, le mécanisme des primaires conduit les candidats à la surenchère pour se distinguer et pour tenter de retenir l’attention de l’opinion dont celle des militants les plus radicaux toujours voués à être les participants les plus actifs aux opérations de votes.

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Par conséquent, ces facteurs techniques conduisent à un statu quo, une forme d’immobilisme présidentiel dans l’attente du changement de pouvoir.

Cet immobilisme va beaucoup peser dans les prochaines semaines et augure mal de règlements rapides sur les enjeux majeurs dont les actions immédiates concrètes contre le réchauffement climatique.