Depuis plusieurs années déjà, l’attention est attirée sur le phénomène des canicules dans les villes devenues des îlots de chaleur sous l’impact du béton et du bitume qui stockent la chaleur. Avec le réchauffement climatique global, c’est un phénomène immédiat aux conséquences multiples. C’est toute une logique d’urbanisation qui est à réviser. C’est le défi des villes-fours. Depuis mardi, des records de températures sont battus.  Mercredi, selon Météo France, ce fut le record du jour le plus chaud de juin depuis 1900, date à laquelle ont débuté les relevés météo. La température moyenne en France a approché les 27°C. Le record, établi le 28 juin 2005 avec 26,1°C, avait déjà été battu mardi avec une moyenne de 26,2°C sur l’hexagone. Cette situation est-elle une surprise ? Non. Le réchauffement climatique est inscrit dans des tendances lourdes établies de longue date. L’enjeu des villes-fours ou des ilôts urbains de chaleur est également identifié de longue date. En juillet 2015, Météo France a organisé un colloque à Toulouse sur ce thème : comment éviter que les villes ne deviennent invivables à cause du réchauffement climatique ? Dans ce cadre,  600 scientifiques venus de 60 pays lors de la 9e conférence internationale sur le climat urbain. Les températures dans les villes peuvent être, selon les endroits, supérieures la nuit de 10 ° à celles des campagnes voisines. C’est un facteur lié à la chaleur emmagasinée dans la journée par la pierre et le bitume qui empêche l’air de se refroidir la nuit. Les réponses concrètes : c’est une conception nouvelle de l’urbanisme. Des villes ont intégré des analyses des vents dans la procédure préalable au permis de construire de façon à ce que des immeubles ne coupent pas des flux de ventilation naturelle. Le rapport entre le construit et le végétalisé est révisé. la place des plans d’eau…. Face à ces réflexes d’avenir, il reste trop de vieilles mentalités qui ne voient que la logique esthétique ou financière. Dans ce cas, ce sont des approches qui préparent des quartiers invivables dans les 15 prochaines années. Des constats qui mériteraient une meilleure prise en considération.